À la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième, un antimilitarisme radical est activement pratiqué par les anarchistes et les syndicalistes révolutionnaires qui sont majoritaires dans le mouvement ouvrier. Voici leur vision : Le capitalisme et l’armée sont liés. L’armée est un instrument de lutte des classes. Elle réprime les manifestations et les grèves et abrutit les conscrits. Le capitalisme est belliciste. La guerre diviserait le mouvement ouvrier. Le patriotisme est une duperie. La solidarité prolétarienne et internationale contre le capitalisme est essentielle. Il faut faire échec à la guerre et à l’armée.

L’Internationale exprime ce radicalisme :

« Les Rois nous saoulaient de fumées,

Paix entre nous, guerre aux tyrans !

Appliquons la grève aux armées,

Crosse en l’air et rompons les rangs !

S’ils s’obstinent, ces cannibales,

À faire de nous des héros,

Ils sauront bientôt que nos balles

Sont pour nos propres généraux. »

La CGT et l’Internationale ouvrière

Association Internationale Antimilitariste

Affiche de l’Association Internationale Antimilitariste (1906)

La Fédération des Bourses du travail est créée en 1892. Georges Yvetot en est le secrétaire de 1901 à 1908. En 1902, il devient secrétaire adjoint de la Confédération générale du travail (CGT) qui fusionne avec les Bourses du travail. En décembre 1902, il est cofondateur de la Ligue antimilitariste qui devient, en 1906, une section de l’Association internationale antimilitariste (AIA). Il est élu secrétaire de cette dernière association qui a son siège au local de la CGT parisienne[1]. Ses écrits et ses propos antimilitaristes lui valent de nombreuses inculpations, condamnations et emprisonnements.

Il rédige le Manuel du soldat dont, de 1902 à 1914, 215 000 exemplaires diffusent l’antimilitarisme de la CGT dans les casernes[2]. Le syndicat y propose au conscrit la désertion et l’exil à l’étranger avec l’aide pécuniaire de sa bourse du travail ou la pratique de la propagande antimilitariste dans sa caserne[3]. Dans ce dernier cas, le soldat bénéficie du soutien financier et de la solidarité du « Sou du soldat », créé par la CGT en 1900. Une chambre syndicale écrit aux conscrits : « Dans tous les conflits entre le capital et le travail, l’armée a toujours été contre nous ; si un jour tu étais mis en demeure de tirer sur tes frères de misère, inutile que nous t’indiquions la cible, ta conscience doit être assez forte pour te guider[4]. »

En 1906 le congrès de la CGT, où la tendance syndicaliste révolutionnaire et antimilitariste domine, adopte ce qu’on appellera la Charte d’Amiens qui reste aujourd’hui une référence théorique du syndicalisme en France[5]. Yvetot fait voter une motion qui affirme :

« Dans chaque grève, l’armée est pour le patronat ; dans chaque conflit européen, dans chaque guerre entre nations ou coloniale, la classe ouvrière est dupe et sacrifiée au profit de la classe patronale, parasitaire et bourgeoise. C’est pourquoi le congrès approuve et préconise toute action de propagande antimilitariste et antipatriotique […][6]. »

En 1908, après une longue grève et des manifestations avec échanges de coups de feu et sévèrement réprimées (quatre manifestants morts et deux-cents blessés à Villeneuve-Saint-Georges), le Président du conseil, Georges Clemenceau, fait arrêter les principaux dirigeants syndicaux dont Yvetot[7],[8]. Une motion antimilitariste est adoptée au congrès de la CGT à Marseille :

« Considérant que l’armée tend de plus en plus à remplacer […] le travailleur en grève, quand elle n’a pas pour rôle de le fusiller […] », le congrès de la CGT considère que les conscrits « ont pour devoir de ne pas faire usage de leurs armes contre leurs frères les travailleurs. » Et il rappelle que « […] toute guerre n’est qu’un attentat contre la classe ouvrière [et qu’il faut] faire l’instruction des travailleurs afin qu’en cas de guerre entre puissances, les travailleurs répondent à la déclaration de guerre par une déclaration de grève générale révolutionnaire[9]. »

A bas Biribi

L’Humanité, 23 mars 1910

En 1909, le soldat Albert Aernoult est envoyé à Djenan El Dar qui fait partie de Biribi, surnom de l’ensemble des compagnies de discipline et d’établissements pénitentiaires d’Afrique du Nord pendant la colonisation française. Il subit de telles sévices à son arrivée au pénitencier qu’il meurt le lendemain. Une énorme campagne de protestation se déroule. « Plus de 120.000 personnes ont suivi le cercueil d’Aernoult », titre L’Humanité[10]. Le Comité de défense sociale appose une affiche « À bas Biribi », citée par le journal fondé et dirigé par Jean Jaurès, L’Humanité : « Soldats ! si vous vous sentez menacés, guettés par Biribi, n’hésitez pas, désertez ! […] Si vous êtes partis vers ces bagnes, […] souvenez-vous que les crimes militaires déjà commis justifient toutes les représailles contre les chefs assassins. […] Vous avez une baïonnette, servez-vous-en[11] ! »

En 1910, à Copenhague, le Congrès de la IIème Internationale (ou Internationale socialiste) rappelle « que les travailleurs de tous les pays n’ont entre eux ni démêlé ni désaccord de nature à provoquer une guerre ; que les guerres ne sont actuellement causées que par le capitalisme et particulièrement par la concurrence économique internationale des États capitalistes sur le marché du monde, et par le militarisme, qui est un des instruments les plus puissants de la domination bourgeoise à l’intérieur pour l’asservissement économique et politique du prolétariat[12]. »

Yvetot écrit dans La Voix du peuple : Quand les syndiqués « revendiqueront, quand ils s’insurgeront, il sera juste que nos enfants, nos frères et nos amis qui se trouveront soldats passent à nous avec armes et munitions[13]. »

En 1911, une crise oppose les pays européens pour se partager le Maroc. Le 23 septembre, les partis européens de l’Internationale, réunis à Zurich, se déclarent unanimes contre la guerre[14]. Le lendemain, un rassemblement anti-guerre, appelé à Paris par l’Union des syndicats de la Seine et le Parti socialiste, réunit, malgré la pluie, 60 000 manifestants selon L’Humanité[15].

Des poursuites sont engagées contre des dirigeants syndicaux pour la propagande du « Sou du soldat ». Le 19 janvier 1912, 12 000 manifestants se pressent lors du procès[16],[17] où trois accusés sont condamnés à six mois de prison[18].

En août 1912, la fédération des instituteurs organise à son tour « Le sou du soldat » et scandalise la droite. À la Chambre, Adolphe Messimy, ancien ministre de la Guerre, révèle que des foyers d’antimilitarisme ont été découverts dans 15 ou 16 régiments. À la question « Qu’avez-vous fait de ces misérables ? », il répond simplement « Je les ai envoyés aux compagnies de discipline. » Il ajoute que, depuis la propagande du « Sou du soldat », le nombre de déserteurs et d’insoumis augmente considérablement : respectivement 2 600 et 12 000 de 1904 à 1910[19],[20].

En 1913, dix-huit responsables de la CGT sont arrêtés pour « incitation de militaires à la désobéissance ». Au total, 167 mois de prison leur sont distribués[21],[22].

Votée en mars 1912, la loi Berry-Millerand instaure une « double peine » pour les conscrits en systématisant l’envoi au bagne colonial des repris de justice, ainsi que des jeunes gens déjà condamnés à au moins trois mois de prison pour « diffamation et injure et envers les armées » ou incitation de militaires à la désobéissance[23], [24]. Une campagne est dirigée contre cette loi, notamment par un « Comité féminin contre la loi Berry-Millerand, les bagnes militaires et toutes les iniquités sociales »[25], formé à l’initiative du syndicat parisien des couturières dont Thérèse Taugourdeau[26] est secrétaire. Le congrès de 1912 de la Confédération général du travail (CGT) invite à créer une caisse des insoumis pour aider les conscrits à s’exiler pour éviter le bagne[27],[28].

Le déclin de l’antimilitarisme révolutionnaire

Le déclin de l’antimilitarisme révolutionnaire est amorcé en 1908 à la CGT quand les syndicalistes réformistes profitent de l’emprisonnement des leaders les plus radicaux et de la crainte suscitée par la répression des émeutes de Villeneuve-Saint-Georges pour prendre l’ascendant sur les autres courants. Ils réduisent leur militantisme à l’antimilitarisme ouvrier, c’est-à-dire à l’opposition au bris des grèves et à la répression des manifestations syndicales par l’armée, à l’exclusion de l’antimilitarisme « antipatriote » qui lutte contre les guerres. Le congrès de 1908 confie aux travailleurs, et non à la CGT, l’initiative de la grève générale en cas de guerre. (Citation plus haut)

Plusieurs courants coexistent dans l’Internationale socialiste. L’un d’eux se conforme au congrès de 1899, fondateur de l’Internationale. Cette dernière, qui s’y définit comme « l’unique et le vrai parti de la paix », « affirme la paix comme condition première et indispensable à toute émancipation ouvrière. »

Un courant minoritaire défend que la guerre peut créer les conditions d’une révolution et que d’un moyen d’oppression impérialiste, elle peut devenir un moyen de libération prolétarienne[29]. Rosa Luxembourg, Lénine et Martov font adopter au congrès une motion qui recommande aux socialistes, une fois une guerre commencée, de « la faire cesser promptement et d’utiliser de toutes leurs forces la crise économique et politique créée par la guerre pour […] précipiter la chute de la domination capitaliste[30]. »

Sans renoncer à l’internationalisme, un autre courant, est en même temps partisan de la défense de la patrie la plus avancée. Selon cette doctrine, la classe ouvrière allemande, qui est la mieux organisée, ne devrait pas déclencher de grève en cas de mobilisation contre une agression de la Russie, sinon elle s’offrirait en victime du régime tsariste sanguinaire dont le prolétariat manque de conscience politique et est impuissant et les deux peuples y perdraient. De même, la France doit défendre la République et les Droits de l’Homme contre les impérialismes despotiques allemands et austro-hongrois. La guerre exacerbera cette dénonciation du plus barbare que soi, comme Bakounine l’avait théorisé en 1870 : « En faisant du patriotisme, nous sauverons la liberté universelle. »

Le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) est prépondérant dans la IIème Internationale. Il est le parti principal en Allemagne, avec 110 députés en 1912[31]. C’est en particulier à ses membres les plus légalistes, soucieux de se démarquer des anarchistes, que la grève générale contre la guerre paraît irréaliste[32]. Aussi, le congrès de l’Internationale de 1907, à Stuttgart, exhorte seulement les classes ouvrières des pays concernés par la menace d’une guerre à « faire tous leurs efforts pour l’empêcher. »

En octobre1912, une guerre oppose l’Empire ottoman à quatre pays balkaniques et menace de s’étendre à l’Europe. Le Président du conseil, Raymond Poincaré, déclare qu’il faut garder « […] toute la fierté d’un peuple qui ne veut pas la guerre et qui pourtant ne la craint pas[33]. » En novembre, pour affirmer son opposition au bellicisme, la CGT réunit un congrès extraordinaire qui décide, pour le 16 décembre 1912, une grève générale de vingt-quatre heures. Un armistice est conclu dans les Balkans quelques jours avant la grève. L’Union des syndicats ouvriers du Département de la Seine imprime des cartes de grève où on lit : « À l’ordre de mobilisation, les travailleurs répondront par la Grève Générale révolutionnaire. Plutôt l’insurrection que la guerre [34]! » Les grévistes sont très irrégulièrement répartis sur le territoire. Il y a 25% de grévistes dans la Loire et 90% en Aveyron. Ils sont 50 000 à défiler dans Lyon[35]. Selon la préfecture de Police, la grève « qui avait été annoncée comme devant paralyser complètement la France entière » n’avait « pas donné tous les résultats escomptés. » Plusieurs raisons à cela : Après des échecs et des répressions de grèves, le nombre de syndiqués diminue : 680 000 en 1911, 300 000 en 1914. Les leaders cégétistes réformistes, comme le secrétaire confédéral Léon Jouhaux, veulent recentrer le syndicat sur ses revendications corporatistes.

Jean Jaurès, est député et dirigeant du Parti socialiste (Section française de l’Internationale ouvrière – SFIO). En 1910, dans son livre L’Armée nouvelle, il préconise la défense nationale par un armée de milice au lieu d’une armée de caserne. Il est dévoué à l’internationalisme et au pacifisme. Pour éviter la guerre qu’il sent imminente, il soutient, d’une part, le pacifisme bourgeois en faveur de l’arbitrage et de l’élaboration de règles de droit international et, d’autre part, en dernier recours, la grève générale internationale contre la guerre.

Le revirement d’un important courant de l’antimilitarisme est illustré, jusqu’à la caricature, par Gustave Hervé[36]. En 1900, il écrit dans Le Travailleur socialiste de l’Yonne[37] que, pour célébrer dignement l’anniversaire de la bataille napoléonienne de Wagram, il faudrait solennellement planter le drapeau du régiment dans le fumier. Poursuivi par le ministre de la Guerre, il est défendu par Aristide Briand. Professeur agrégé, il est suspendu. Il dirige le journal antimilitariste et révolutionnaire d’audience nationale au plus fort tirage, La Guerre sociale. Il est condamné six fois de 1905 à 1912 pour provocation au meurtre ou à l’insoumission et passe de 1908 à 1912 l’essentiel de sa vie en prison. Membre de la SFIO, il y est controversé pour ses outrances relevant, selon Lénine[38], de « l’imbécilité héroïque ».

En 1911, de sa prison, il estime nécessaire de réveiller chez le prolétaire « les vertus guerrières de la race »[39]. Alors que Jaurès considère comme « une boutade hargneuse et étourdie[40] » la formule du Manifeste du Parti communiste, « Les prolétaires n’ont pas de patrie. », Hervé, qui signait ses articles « Un Sans-Patrie », se rallie aux thèses jaurésiennes de L’Armée nouvelle.

Affiche Contre tout militarisme

Affiche de la Fédération communiste anarchiste (FCA), octobre 1912

Opposée aux « renégats » de La Guerre sociale, la Fédération révolutionnaire communiste est fondée en novembre 1910 et rebaptisée Fédération communiste anarchiste (FCA) en 1912[41].

« Allez à la caserne, jeunes gens. Allez-y de bon cœur. », encourage Gustave Hervé dans un meeting violemment chahuté par la FCA[42]. Une affiche de cette dernière pour un meeting[43] « Contre tout militarisme » résume la situation : « Le militarisme est à l’ordre du jour. Les uns [Jaurès] veulent le modifier et le rendre démocratique. Les autres [Hervé] veulent le « conquérir » aux aspirations révolutionnaires. Nous, nous affirmons que tout militarisme est une force réactionnaire créée pour écraser les mouvements populaires d’affranchissement[44]. »

Un mandat d’arrêt est lancé contre les deux secrétaires de la FCA. L’un, Édouard Boudot, s’échappe en Belgique. Il a prononcé un discours repris dans Le Mouvement anarchiste[45] et détaillant les moyens de sabotage de la mobilisation en cas de guerre : destruction d’ouvrages d’art ferroviaires, mise hors service de matériels et d’armes. L’autre, Louis Lecoin, est incarcéré. De sa prison, il est vraisemblablement co-rédacteur d’un manuel insurrectionnel En cas de guerre expliquant notamment la fabrication d’explosifs[46].

Jean Jaurès, 1913

Discours de Jean Jaurès au Pré-Saint-Gervais, le 25 mai 1913

Le 5 mars 1913, un projet de loi prévoit de passer la durée du service militaire de deux à trois ans[47]. Le Parti socialiste prône le maintien des deux ans. L’anarcho-syndicaliste Benoît Broutchoux écrit : « Au lieu de poursuivre la suppression des frontières, des armes, des patries, [… les socialistes] prétendent qu’on peut défendre la France (?) autrement que par le service de trois ans. Nous sommes loin de la lutte des classes[48] ! » Néanmoins, la SFIO, la CGT et la Fédération communiste anarchiste (FCA) participent ensemble à des meetings et des manifestations importantes dont celles du 16 mars[49],[50] du 25 mai 1913 et du 13 juillet, au Pré-Saint-Gervais, qui, selon les sources, réunissent de 40 000 à 150 000 personnes voire plus[51],[52].

En mai, les conscrits de la classe 1910 dont la libération prévue quelques mois plus tard est retardée d’un an s’agitent dans des casernes de tout le pays. Dans certaines villes, ils défilent par centaines dans la cour de leur caserne ou sur la voie publique, souvent en chantant L’Internationale et parfois en fanfare. À Toul, l’ordre est rétabli par la gendarmerie. À Rodez, deux bataillons du 122e régiment d’infanterie préméditent une sortie collective de la caserne pour aller débaucher une autre garnison. Ce début de mutinerie est étouffé par un officier qui braque un fusil sur les manifestants en criant « Le premier qui avance est un homme mort[53]. » Des soldats passent en Conseil de guerre, sont punis de prison ou envoyés en compagnies de discipline[54],[55]. Des perquisitions dans quatre-vingt-huit villes, des arrestations et des emprisonnements frappent les associations et militants syndicaux et anarchistes[56],[57]. Le linguiste Paul Passy a engagé l’Union des socialistes chrétiens, dont il est co-fondateur, dans la campagne contre la loi et il a prôné la désertion, le refus de l’impôt et la grève générale[58]. Il est révoqué de son poste de professeur.

Les dissensions internes à la CGT paralysent son action antimilitariste[59],[60]. Le mot d’ordre de grève générale pour la date prévue de la démobilisation de la classe 1910 n’est pas lancé. « La C.G.T. ne nous avait point accoutumé à semblable modération. » commente Le Figaro[61]. Quelques jours plus tard, l’Assemblée nationale renonce à prolonger le service des conscrits prochainement libérables. Mais le projet de loi des trois ans est voté le 19 juillet par l’Assemblée nationale et le 7 août par le Sénat[62]. Dans La vie ouvrière[63] dont il est co-fondateur, Pierre Monatte réplique aux critiques des antimilitaristes les plus virulents de la CGT et des anarchistes : « On sait aujourd’hui qu’il est plus profitable pour l’esprit révolutionnaire de résister à certaines fanfaronnades ultra-révolutionnaires que d’y céder. » Pourtant le congrès des Jeunesses syndicalistes de la Seine reconnaît que « l’insoumission est un moyen de lutte contre le militarisme. » et souhaite s’entendre avec les syndicats étrangers pour qu’ils soutiennent les insoumis en exil[64]. Le congrès national anarchiste organisé par la FCA se refuse à inciter à la désertion tout en accordant son soutien à ceux qui suivraient cette voie[65].

Jusqu’à la création, en 1921, d’un corps de gendarmes mobiles spécialisés dans le maintien de l’ordre et malgré la propagande antimilitariste de la CGT, les conscrits participent régulièrement à la répression des mouvements sociaux. Par exemple, le 1er mai 1906, ce sont 45 000 soldats qui sont déployés lors de la grève générale pour réclamer la journée de huit heures. L’épisode des « braves soldats du 17ème » qui, en 1907, mettent la crosse en l’air face aux vignerons languedociens est un contre-exemple qui est largement mythifié. L’insurrection viticole est réprimée par les tirs meurtriers d’autres régiments[66]. En 1907 et 1908, l’armée tue au total 19 manifestants et en blesse 767. L’armée brise les grèves et il arrive que les cheminots grévistes soient convoqués à une période militaire sur leur lieu de travail, au risque d’être jugés comme insoumis[67].

La Première guerre mondiale

Alors que les effectifs de la CGT diminuent, le Parti socialiste emporte 102 sièges aux élections législatives de 1914, soit, au détriment de la droite, 27 de plus qu’en 1910. « Pour prévenir et empêcher la guerre et pour imposer aux gouvernements le recours à l’arbitrage, le Congrès [du parti du 16 juillet 1914] considère comme particulièrement efficace la grève générale ouvrière simultanément et internationalement organisée dans les pays intéressés, ainsi que l’agitation et l’action populaires sous les formes les plus actives[68]. » Chacun sait pourtant que les conditions de la grève internationale ne sont pas remplies et que les gouvernements n’envisagent aucun arbitrage.

Le 23 juillet 1914, l’ultimatum austro-hongrois à la Serbie est une des dernières marches dans l’escalade vers la guerre mondiale. « Le tumulte des événements se précipite dans un monde obscur et affolé. » déplore Jean Jaurès[69]. Le 27 juillet, à l’appel lancé le matin même par le quotidien cégétiste La Bataille syndicaliste, des milliers de personnes manifestent à Paris contre la guerre[70]. « Il apparaîtra clairement que la C. G. T. prend toutes ses dispositions pour réaliser la grève générale inscrite par tous ses congrès en tête de ses moyens d’action en cas de conflit armé international. », commente l’organe du Parti Radical et radical socialiste[71].

L’Internationale, dont l’optimisme est désemparé par la rapidité de la crise, est totalement impuissante à opposer un front commun. Le 28 juillet, quelques heures avant la déclaration de guerre à la Serbie, L’Humanité[72] publie trois manifestes séparés des sections française, allemande et italienne de l’Internationale qui en appellent à leurs gouvernements respectifs. « Le gouvernement français dans la crise présente a le souci très net et très sincère d’écarter ou d’atténuer les risques de conflits. », estime le PS.

Le Comité confédéral de la CGT redoute l’arrestation imminente prévue en cas de mobilisation générale des antimilitaristes recensés par la gendarmerie dans le « Carnet B ». Il publie un manifeste en faveur de la paix qui, s’alignant sur la Parti socialiste, déclare notamment que « les gouvernants de ce pays ont le peuple français avec eux si, comme on le dit, ils travaillent sincèrement à la paix[73]. » Néanmoins, des rassemblements anti-guerre ont lieu dans plusieurs villes, par exemple 20 000 personnes à Lyon. Hélène Brion, du comité confédéral, féministe et pacifiste, appelle les femmes à manifester[74].

L’antimilitarisme ne résiste pas à l’assassinat de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914, et au déclenchement de la Première guerre mondiale. La conscience de classe s’efface devant le patriotisme. À l’exception des russes et des roumains, tous les partis socialistes collaborent à leur défense nationale respective.

Bien informé par le ministre de l’Intérieur de la résignation de la CGT, le gouvernement décide de ne pas utiliser le Carnet B. À la quasi-unanimité, le Comité confédéral de la CGT renonce à l’appel à la grève générale. Après l’ordre de mobilisation du 1er août, les syndicalistes et les anarchistes constatent leur démoralisante impuissance. Le 2 août, le meeting du PS prévu « contre la guerre » devient « pour la défense nationale ».

Le 4 août, le gouvernement a convié avec succès toutes les tendances politiques aux obsèques de Jean Jaurès comme symbole de la concorde nationale face à la guerre déclarée par l’Allemagne. Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, déclare : « Avant d’aller au grand massacre, au nom des travailleurs qui sont partis, au nom de ceux qui vont partir et dont je suis, je crie devant ce cercueil toute notre haine de l’impérialisme. […] Jaurès, ton souvenir impérissable nous guidera dans la lutte terrible où nous entrons. Il se dressera devant nous comme un flambeau que la tourmente ne pourra éteindre[75]» Enthousiasmé par ce discours, « le plus beau de la journée », l’ultra-nationaliste Maurice Barrès a cette envolée lyrique : « Avant même qu’elle ait jeté sur notre nation sa pluie de sang, la guerre, rien que par ses approches, nous fait déjà sentir ses forces régénératrices. C’est une résurrection[76]. »

Le même jour, la CGT rejoint « l’Union sacrée » réclamée par Poincaré contre l’Allemagne. Le 8 août, La Bataille syndicale appelle « Partez sans amertume, partez sans regret, camarades ouvriers […] C’est bien pour la révolution que vous allez combattre. »

À l’été 1914, Gustave Hervé demande solennellement à être incorporé « dans le premier régiment d’infanterie qui partira pour la frontière. » Il s’interroge dès septembre 1914 : « L’internationale ouvrière ? qui ne voit que la guerre l’a jetée par terre ? » En 1916, il est exclu de la SFIO. Son journal, qu’il rebaptise La Victoire, a alors un tirage supérieur à ceux du Figaro ou de L’Humanité. Il fustige le « vieux socialisme boche de lutte de classes. » Devenu partisan d’un régime autoritaire, il publie en 1935, une série d’articles : « C’est Pétain qu’il nous faut[77]. »

Pendant la guerre, les réfractaires français restent très minoritaires et sont réprimés. Les Amis du Libertaire, le journal officieux de la Fédération communiste anarchiste, sont parmi les plus actifs, notamment Louis Lecoin qui, un demi-siècle plus tard, sera toujours du combat antimilitariste et pour l’objection de conscience.

Procès de Wilhelm Liebknecht

Wilhelm Liebknecht (au milieu debout au pupitre), August Bebel (à droite, qu’on voit de profil) et Adolf Hepner, derrière Bebel, lors du procès pour haute trahison de Leipzig du 11 au 26 mars 1872

Wilhelm Liebknecht a été cofondateur du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD). Il a refusé avec August Bebel de voter les crédits pour la guerre franco-allemande de 1870[78], s’est opposé à l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine et s’est solidarisé en 1871 avec la Commune de Paris, ce qui lui a valu d’être arrêté et condamné à deux ans de forteresse pour haute trahison. Son fils, Karl Liebknecht, publie en 1907 Militarisme et antimilitarisme, un pamphlet antimilitariste pour lequel il est condamné à un an et demi de forteresse pour haute trahison. Encore emprisonné, il est élu député à la Chambre des représentants de Prusse. Il siège comme député au Reichstag allemand à partir de 1912. Comme treize autres députés du SPD opposés aux crédits de guerre, c’est par discipline de parti qu’il les vote en août 1914[79]. Mais, le 2 décembre 1914, il est le premier à voter contre eux au Reichstag. Il déclare : « En élevant une protestation contre la guerre, ses responsables et ceux qui la mènent, contre la politique générale qui l’a provoquée, contre les plans d’annexion, contre la violation de la neutralité de la Belgique, contre la dictature militaire, contre l’oubli des devoirs politiques et sociaux dont les classes dirigeantes se rendent coupables aussi et surtout maintenant, nous refusons les crédits demandés[80]. » Son groupe parlementaire l’exclut alors pour désobéissance à ses consignes de vote. Il en sera de même pour les dix-neuf élus qui l’imiteront l’année suivante. En 1917, tous les opposants à la guerre sont exclus du SPD.

Le premier mai 1916, lors d’une manifestation anti-belliciste, Liebknecht est arrêté alors qu’il crie « À bas le gouvernement ! À bas la guerre ! », ce qu’il répétera lors de son procès[81]. Accusé de haute trahison, il est emprisonné jusqu’en octobre 1918.

En septembre 1915, une conférence réunit à Zimmerwald, en Suisse, trente-huit délégués socialistes de douze pays, opposants à la participation des partis de l’Internationale aux « unions sacrées » nationales. La majorité internationaliste souhaite une paix blanche. La minorité, dont Lénine est une figure notoire, veut transformer la guerre impérialiste en révolution anticapitaliste. Constatant la trahison et la faillite de la IIème Internationale, elle a l’intention d’en créer une nouvelle en rupture avec les sociaux-démocrates. Liebknecht, alors emprisonné, a adressé un message : « Vive la paix future entre les peuples ! Vive l’antimilitarisme ! Vive le socialisme révolutionnaire international, libérateur des peuples [82]»

En 1917, une conférence de l’Internationale socialiste envisagée à Stockholm est annulée, notamment à cause de l’opposition ou des réticences des militants de plusieurs pays. Par exemple, le syndicat britannique des gens de mer annonce son refus de transporter d’éventuels délégués[83].

Les 6 et 7 novembre 1917, c’est en France la rupture de l’Union sacrée. Au même moment éclate la Révolution d’Octobre en Russie. Dans les heures qui suivent le déclenchement de la révolution, Lénine fait approuver le Décret sur la paix. Il annonce l’abolition de la diplomatie secrète et la proposition, à tous les pays en guerre, d’entamer des pourparlers « en vue d’une paix équitable et démocratique, immédiate, sans annexions et sans indemnités ». Seule l’Allemagne accepte.

Rosa Luxembourg tire le bilan[84] : « Le vieux cri orgueilleux : « Travailleurs de tous pays, unissez-vous ! » avait été remplacé sur les champs de bataille par celui de : « Travailleurs de tous les pays, égorgez-vous ! ». Jamais dans l’histoire du monde un parti politique n’avait connu une aussi misérable banqueroute, jamais un fier idéal n’avait été trahi de façon aussi scandaleuse. »

Le 9 novembre 1918, Liebknecht proclame à Berlin la République socialiste. Le 15 janvier 1919, quinze jours après qu’ils ont participé au congrès de création du Parti communiste allemand, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg sont assassinés. 

L’entre-deux-guerres

Créée en 1919 à Amsterdam, la Fédération syndicale internationale (FSI) appelle à faire entrer l’Allemagne au sein de la SDN, préconise le remboursement des dommages de guerre par les sociétés capitalistes qui ont profité du conflit et réclame, avec force, le désarmement. Une résolution, votée au Congrès international de Rome en 1922, cite la lutte contre le militarisme et la guerre parmi les tâches essentielles d’un syndicat : les travailleurs ont le devoir de s’opposer à toutes les guerres, y compris par le recours à la grève générale.

On sait que ces souhaits seront aussi inefficaces que ceux de la génération précédente qui a eu le mérite de s’engager massivement, comme jamais, dans la lutte anti-guerre.

Guy Dechesne

26 août 2020

[1] Michel Auvray, Objecteurs, insoumis, déserteurs, Histoire des réfractaires en France, Stock 2, Paris, 1983, p. 129.

[2] https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Dossier-1914-Contre-la-guerre-trois-strategies-CGT-PS-FCA-5941            Consulté le 8 août 2020.

[3] « Le rapport confidentiel de M. Hennion sur les menées antimilitaristes à la caserne », Le Matin, n° 10 678, 23 mai 1913, p. 1-2.

[4] « Le rapport sur le « Sou du soldat » », Le Matin, n° 10 679, 24 mai 1913, p. 2.

[5] Marc Angenot, « L’antimilitarisme contre la  » religion patriotique  » », Mots. Les langages du politique, n°°76, 2004, http://journals.openedition.org/mots/2093 mis en ligne le 21 avril 2008, consulté le 22 avril 2020.

[6] https://maitron.fr/spip.php?article155351 , notice YVETOT Georges, Louis, François [Dictionnaire des anarchistes] par Henri Dubief, notice revue par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 17 mars 2014, dernière modification le 1er novembre 2019.

[7] Une journée sanglante, Le Matin, n° 8921, 31 juillet 1908, p. 1-2.

[8] https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Juillet-1908-Draveil-Villeneuve-la-CGT-a-l-heure-de-verite  Consulté le 15 avril 2020.

[9] Institut d’histoire sociale Les Congrès et conférences syndicaux https://www.ihs.cgt.fr/5796-2/
p. 325, consulté le 24 mai 2020.

[10] L’Humanité, n° 2857,‎ 12 février 1912, p. 1-2.

[11] « À bas Biribi », L’Humanité,‎ 23 mars 1910, p. 2.

[12] Cité par Jean-Jacques Becker, « La IIe Internationale et la guerre », in « Les Internationales et le problème de la guerre au XXe siècle. Actes du colloque de Rome (22-24 novembre 1984) », École Française de Rome, 1987. 404 p. Publications de l’École française de Rome, n°°95, p. 10.       https://www.persee.fr/doc/efr_0000-0000_1987_act_95_1_2885              Consulté le 22 août 2020.

[13] 15 juillet 1911, cité par « Le rapport sur le « Sou du soldat » », Le Matin, n° 10 679, 24 mai 1913, p. 2.

[14] « Le Bureau socialiste international », L’Humanité, n° 2716, 23 septembre 1911, p. 1.

[15] « Paris ouvrier contre la guerre », L’Humanité, n° 2717, 24 septembre 1911, p. 1.

[16] « Le rapport sur le « Sou du soldat » », Le Matin, n° 10 679, 24 mai 1913, p. 1.

[17] « Le Procès des lois scélérates », L’Humanité, n° 2825, 11 janvier 1920, p. 1.

[18] Michel Auvray, « Le Sou du soldat (1900-1914) », Gavroche, n° 38, Mars-Avril 1988, p. 15-16.

[19] « Les instituteurs. La propagande du  » Sou du soldat  » dans l’armée. », Le Matin, n° 10 504,‎ 30 novembre 1912, p. 2.

[20] Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir : ouvriers et révolutionnaires face à la guerre : 1909-1914, Montreuil et Paris, L’Insomniaque et Libertalia, 2016, ISBN 978-2-918059-82-0, p. 287-288.

[21] « Tribunaux. Les poursuites contre le « Sou du soldat » », L’Humanité, n° 3691, 27 mars 1914, p. 4.

[22] Michel Auvray, « Le Sou du soldat (1900-1914) », Gavroche, n° 38, Mars-Avril 1988, p. 19.

[23] « La loi des « exclus » va être modifiée », Le Petit Parisien, n° 13165,‎ 14 novembre 1912, p. 2.

[24] Michel Auvray, Objecteurs, insoumis, déserteurs, Histoire des réfractaires en France, Stock 2, Paris, 1983, p. 142.

[25] https://chsprod.hypotheses.org/1912-2          consulté le 24 mai 2020.

[26] https://maitron.fr/spip.php?article154222 , notice TAUGOURDEAU Thérèse (née Marie-Thérèse CHAILLOU) [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 9 avril 2014, dernière modification le 2 décembre 2019.

[27] « Le rapport sur le « Sou du soldat » », Le Matin, n° 10 679, 24 mai 1913, p. 2.

[28] Michel Auvray, « Le Sou du soldat (1900-1914) », Gavroche, n° 38, Mars-Avril 1988, p. 19.

[29] Cité par Jean-Jacques Becker, op. cit. p. 11.

[30] Jean-Jacques Becker, op. cit. p. 15.

[31] Jean-Jacques Becker, op. cit. p. 16.

[32] Jean-Jacques Becker, op. cit. p. 13-14.

[33] « Monsieur Poincaré a parlé hier à Nantes », L’Humanité, n° 30116, 28 octobre 1912, p.2.

[34] Le Gaulois, 17 décembre 1912, p. 4.

[35] https://www.unioncommunistelibertaire.org/?1912-La-CGT-en-greve-generale            Consulté le 28 mai 2020.

[36] Gilles Heuré, « Itinéraire d’un propagandiste : Gustave Hervé, de l’antipatriotisme au pétainisme (1871-1944) », Vingtième Siècle, Revue d’histoire, 1997 n° 55, p. 16-28

https://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1997_num_55_1_3660 consulté le 29 mai 2020.

[37] 6 juillet 1900, cité par             https://maitron.fr/spip.php?article73157 notice HERVÉ Gustave, Alexandre, Victor par Justinien Raymond, Madeleine Rebérioux, version mise en ligne le 5 août 2009, dernière modification le 3 février 2019.

[38] Cité par Jean-Jacques Becker, op. cit. p. 15.

[39] La Guerre sociale, cité par Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op.cit., p. 135

[40] L’Armée nouvelle, Fayard, 2012, p. 398.

[41] Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op. cit.

[42] « M. Hervé salle Wagram, Bagarre, Huit blessés », Le Matin, 26 septembre 1912, n°10 439, p. 1 et 3.

[43] « Une réunion de libertaires », L’Humanité, n°3098, 10 octobre 1912, p.3.

[44] Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op. cit., p. 276.

[45] N° 4, novembre 1912, cité par Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op. cit., p. 288-289.

[46] Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op. cit., p. 344-347.

[47] http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/guerre_14-18/loi_3_ans/index.asp              Consulté le 16 août 2020.

[48] Le Libertaire, 8 mars 1913, cité par Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op. cit., p. 342.

[49] « La manifestation du Pré-Saint-Gervais », Le Petit Parisien, n° 13 288, 17 mars 1913, p. 2.

[50] « La manifestation socialiste et syndicaliste contre la loi de trois ans », Le Matin, n° 10 611, 17 mars 1913, p. 2.

[51] Armand Villette, « Kermesse rouge », Le Gaulois, n°13 008,‎ 26 mai 1913, p. 1-2.

[52] « Le Peuple de Paris contre la Loi de Trois ans », L’Humanité, n° 3256, 17 mars 1913, p. 1 et 2.

[53] « À Rodez, ce fut une véritable mutinerie militaire », Le Matin, n° 10 679, 24 mai 1913, p. 1.

[54] « Les manifestations militaires », Le Matin, n° 10 677, 22 mai 1913, p. 1.

[55] D., « Les incidents militaires », Le Gaulois, n° 13 009,‎ 27 mai 1913, p. 3.

[56] L. Desmoulins, « Les traîtres », Le Gaulois, n° 13 009,‎ 27 mai 1913, p. 1.

[57] Armand Villette, « Perquisitions chez les Antimilitaristes », Le Gaulois, n° 13 009,‎ 27 mai 1913, p. 3 et d’autres articles sur la même page.

[58] Klauspeter Baser « Du christianisme social au socialisme chrétien », Autres Temps. Cahiers d’éthique sociale et politique, N° 62, 1999, p. 81.

https://www.persee.fr/doc/chris_0753-2776_1999_num_62_1_2129#chris_0753-2776_1999_num_62_1_T1_0078_0000              Consulté le 16 avril 2020.

[59]Adrien Bourse, « La C.G.T. et la loi de trois ans », Le Matin, n° 10 732, 16 juillet 1913, p. 2.

[60] Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op. cit., p. 367-371.

[61] Maxime Girard, « À la C.G.T. », n° 197, 16 juillet 1913, p. 2.

[62] https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Mai-1913-Debuts-de-mutineries-dans-les-casernes Consulté le 16 avril 2020.

[63] « La CGT a-t-elle rectifié le tir ? », 5 août 1913, cité par Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op. cit., p. 375.

[64] Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op. cit., p. 376-377.

[65] Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op. cit., p. 404-407.

[66] Michel Auvray, Objecteurs, insoumis, op. cit. p. 130-131.

[67] Michel Auvray, « Le Sou du soldat », p. 13-22.

[68] « La question de l’Impérialisme devant le Congrès Socialiste », L’Humanité, n° 3743, 17 juillet 1914.

[69] « Le temps de penser », L’Humanité, n° 3754, 28 juillet 1914, p. 1.

[70] « La soirée sur les boulevards, Bagarres, Chants révolutionnaires, Agents blessés, 800 arrestations », Le petit Parisien, n° 13 786, 28 juillet 1914, p. 3.

[71] « La C. G. T. mobilise contre la guerre », Le Radical, 28 juillet 1914, p. 4.

[72] « L’Internationale contre la guerre », L’Humanité, n° 3754, 28 juillet 1914, p. 1.

[73] Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir, op. cit., p. 495.

[74] « Aux féministes, aux femmes », La Bataille syndicaliste, 30 juillet 1914.

[75] « Les obsèques de Jaurès », L’Humanité, n° 3762, 5 août 1914, p. 1.

[76] Maurice Barrès, « Le jour sacré », L’Écho de Paris, n° 10 948, 5 août 1914, p. 1.

[77] Éditions de la Victoire. 4 novembre 1935, 84 p.

[78] « Nous nous abstenons donc de voter, en exprimant avec confiance l’espoir que les peuples d’Europe, instruits par les funestes événements actuels, mettront tout en œuvre pour conquérir le droit à disposer d’eux-mêmes et pour éliminer la domination des armes et le pouvoir de classe, qui sont à l’origine de tout le mal politique et social. », Wilhelm Liebknecht et August Bebel devant le parlement d’Allemagne du Nord, 21 juillet 1870.

[79] Vincent Présumey, Le mouvement ouvrier et socialiste face à l’entrée en guerre, in Actes du colloque de Franchesse, 27 juin 2015, La résistance à la Guerre de 1914-1918, Éditions de la Libre Pensée, Paris, 2016, p. 19.

[80] Karl Liebknecht (trad. Marcel Ollivier, choix de textes et présentation : Claudie Weill), Militarisme, guerre, révolution, Paris, François Maspero, coll. « Bibliothèque socialiste » (no 17), octobre 1970, 270 p., p. 133.

[81] Karl Liebknecht, op. cit., p 174-175.

[82] Karl Liebknecht, op. cit., p  149.

[83] Jean-Jacques Becker, op. cit. p. 21.

[84] Cité par Jean-Jacques Becker, op. cit. p. 22.

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